08 mars 2009

Beau mais rude

Je n'avais jamais été en Afrique du Sud.

Il faut reconnaître que comme entrée en matière, Le Cap donne une première impression stupéfiante. Il fait beau, il y a la mer et, juste derrière, la montagne.
Les gens sont ouverts et enthousiastes. Ca ressemble a un pays neuf, plein d'optimisme (parfois presque naïf).



Au hasard des rues, je suis tombé sur cette note à la devanture d'un magasin. Appréciez la précision de l'horaire de fermeture, ainsi que le "figure this" (littéralement: "rendez-vous compte").
On voit aussi des églises au nom à rallonge...

... et des conseillers financiers plein d'optimisme.
Au premier abord, le pays semble en paix avec lui-même, confiant dans l'avenir, prêt à en découdre avec le reste du monde et épargné par l'obsession de "la crise" qui paralyse l'hémisphère nord.

Pourtant le pays est loin d'avoir surmonté ses contradictions ainsi que la violence de son histoire. Même au Cap, pourtant réputé pour sa douceur de vivre, où tout peut basculer d'une rue à l'autre, d'un instant à l'autre, et où la séparation des blancs et des noirs, si elle n'est plus officielle, affleure toujours dans les comportements. Comme un réflexe inscrit si profondément en chacun qu'il ressort malgré soi.


Sur chaque immeuble, chaque magasin, le même écriteau prévenant qu'en cas d'intrusion ou d'attaque, la riposte sera armée.

Lu au cours de mon voyage, et très intéressant pour mieux comprendre la société sud-africaine post-apartheid, "Disgrace", de J.M Coetzee. Très dur mais très éclairant sur le sentiment de culpabilité des afrikaners et le ressentiment d'une partie de la société noire.

Derrière le paysage enchanteur, la rudesse de l'âme sud-africaine n'est jamais loin.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

et derrière le publicitaire rugueux, il ya un coeur d'enfant qui bat.
'Tain c'que c'est beau.

Anonyme a dit…

Je suis un grand sensible.